Vous venez de passer le cap? Fini les refuges, les dortoirs avec le traditionnel ronfleur qui fait fuir les moustiques les plus affamés, cette fois-ci vous voulez la nature, la vraie ! Et pour cela, il vous faut une tente, vous foncez alors dans votre magasin d’outdoor le plus proche, face aux choix immense de tentes existantes vous demandez conseil au vendeur, et là vous découvrez un nouveau monde, vous qui rêviez de simplicité vous êtes confronté à un tout nouveau champ lexical : abside, autoportant, polyuréthane, géodésique, schmerber et autres termes barbares, vous hochez la tête pour rassurer le vendeur mais vous êtes complètement perdu !

Ne vous inquiétez pas! Tout le monde est passé par là et après avoir lu ces quelques lignes vous aurez toutes les clés en mains pour choisir votre nouvelle demeure nomade.

La capacité de la tente

On parle ici du nombre de personnes que votre future tente peut accueillir, sauf si vous êtes la Rockstar des GR, normalement cette question sera la plus simple à répondre.

Néanmoins, beaucoup de personnes hésitent à passer à une tente 3 personnes n’étant que deux pour gagner de l’espace, et cette réflexion est tout à fait pertinente. C’est d’ailleurs ici que les absides ont leur importance – une abside est un espace supplémentaire protégé par la toile pour accueillir votre matériel, dans la plupart des cas c’est le prolongement de l’entrée.

Malgré tout, il faut surtout bien vérifier les dimensions de la tente certains fabricants n’hésitent pas à exagérer la capacité en terme de nombre de personnes. Fiez-vous aux dimensions, pour vous repérer, la largueur d’un matelas de randonné classique fait en moyenne 51cm en arrondissant à 55 cm pour avoir un minimum d’espace entre le matelas et la toile, vous pouvez compter 110cm de large minimum pour une tente 2 personnes ou 165 minimum pour une tente trois personnes.

Photo © Johan Lolos

3 ou 4 saisons ?

Cette question fait référence au niveau de protection de la tente. Une tente quatre saison pourra être utilisée toute l’année en toute condition même en hiver, elle pourra supporter les rafales de vent les plus violentes, et sa structure pourra résister au poids de la neige qui s’accumule sur son toit sans s’effondrer.

La tente 3 saisons, du printemps à l’automne, modèle le plus vendu dans le monde de la randonnée, pourra vous protéger du vent et des intempéries les plus fortes, mais sa structure (sauf certains modèles) ne pourra pas supporter une accumulation de neige.

La tente 2 saisons, fin du printemps au début de l’automne, plus répandue dans la catégorie camping loisir, vous procurera une protection légère mais suffisante pour des sorties estivales par temps clément.

Sachez tout de même qu’une tente 4 saisons à beau vous protéger toute l’année par tout temps, elle n’est pas forcément le choix parfait, c’est une tente souvent lourde et à cause de sa structure et de sa toile très résistante, elle ne laissera pas évacuer l’air facilement, elle aura tendance à condenser très vite. Elle ne sera pas la tente idéale pour faire le Chemin de Compostelle en plein mois d’août.

La structure de votre tente

Il existe plusieurs types de structure de tente et chacune de celles-ci possèdent des caractéristiques bien différentes, voici les 3 structures les plus connues :

La tente dôme

Sûrement la structure de tente la plus connue, aussi appelée tente igloo. Elle est caractérisée par deux arceaux qui se croisent en un seul point au sommet de la tente. Cette structure présente plusieurs avantages :

L’augmentation du volume de la tente, avec une plus grande hauteur, permettant de rester assis et donc de profiter d’un espace de vie sous tente plus agréable, sa hauteur permet aussi d’offrir souvent deux entrées/absides.

Elles sont généralement autoportantes, cela signifie que la tente peut tenir sans être tendue par des piquets ou haubans, même si ceux-ci sont vivement recommandés pour stabiliser la tente en cas de vent.

Le grand avantage de l’auto-portance est le fait de pouvoir déplacer la tente facilement une fois montée afin de trouver le spot idéal, cela facilite aussi le séchage le matin. Vous pourrez la déplacer facilement sur endroit ensoleillé ou même la retourner pour sécher le sol plus rapidement. Les structures autoportantes sont très résistantes au vent et à la pluie.

La tente tunnel

La tente tunnel se caractérise par plusieurs arceaux parallèles, avec une hauteur assez basse et plutôt longue, elle n’est pas autoportante et ne va tenir que par l’action des haubans et des piquets qui vont tendre la toile.

Son grand avantage est la légèreté grâce à son nombre d’arceaux réduits. Elle bénéficie aussi d’une bonne tenue au vent par sa faible hauteur.

Ses avantages sont directement liés à son gros désavantage : son manque d’espace. La hauteur étant très faible, parfois même moins d’un mètre, il est parfois difficile de s’asseoir dans certaines tentes tunnels.

La tende géodésique

La tente géodésique est une version plus complexe de la tente dôme avec au moins 3 arceaux qui se croisent afin de créer une structure très solide, cette structure fait directement référence aux tentes 4 saisons.

Le gros avantage est sa stabilité accrue qui permet de supporter tout type de vent et l’amas de neige sur le toit.

Forcément son gros défaut sera son poids et son montage plus complexe, même si d’année en année les ingénieurs rivalisent d’ingéniosité pour faciliter le montage.

Il existe parallèlement à ces 3 modèles connus, d’autres structures de tente comme les tipis, les tentes canadiennes, tentes suspendues, etc. Mais nous n’entrerons pas dans les détails car elles sont très peu utilisées en randonnée.

Photo © Johan Lolos

La question de l’imperméabilité

Il est évident qu’un des rôles premiers d’une tente est de vous protéger de la pluie et de vous garder au sec, par conséquent toutes les tentes sont imperméables ! Mais elles n’ont pas toute la même résistance !

On définit l’indice d’imperméabilité d’un tissu en utilisant le Schmerber. Ce doux nom que vous pourrez ressortir à votre prochain apéro en refuge, est l’unité de mesure de l’imperméabilité.

Pour faire simple, on calcule la hauteur d’eau en mm que peut supporter un tissu avant de percer, 1 Schmerber = 1 mm d’eau.

Si votre toile atteint les 1200mm vous serez protégé contre une bonne averse, cette résistance sera largement acceptable pour des sorties où les conditions ne sont pas extrêmes.

Certaines tentes peuvent monter jusqu’à 10.000mm.

Mais soyons honnêtes, l’indice de Schmerber ne fait pas tout, il faut apprendre à lire les indications d’une toile. Ceci étant un sujet vaste et complexe, passons directement à un cas pratique.

SI vous regardez les caractéristiques de la toile d’une tente vous verrez quelque chose comme ceci : « 68D ripstop polyester 1500mm polyuréthane & DWR »

Il ne faut pas avoir fait chimie industrielle en deuxième langue pour comprendre, quand on a les codes, c’est très simple.

  • Le « 68D » D majuscule fait référence au denier, on ne parle pas ici du système monétaire de l’empire romain, mais d’une unité de poids. Le denier représente le poids de 9000m de fil, donc 10 deniers équivaut à un fil de 9000m qui pèserait 10gr. 100D équivaut à 9000m de fil qui pèse 100g. Vous l’aurez compris plus le denier sera élevé plus la toile sera lourde et résistante.
  • « Ripstop » fait référence au tissage, technique qui augmente la résistance, le « Taffeta » est aussi un système de tissage durable très connu.
  • « Polyester » fait référence au tissu même, celui-ci est plus rigide plus épais et plus imperméable mais moins résistant aux abrasions.
  • Un autre tissu fréquemment utilisé pour les tentes est le « Nylon » aussi appelé par son doux nom le polyamide, c’est un tissu souple et très léger, résistant à l’abrasion et aux tensions mais peu imperméable sauf (et c’est là où ça devient complexe) si on l’enduit de PU (polyuréthane on y arrive bientôt). Le Nylon est quasiment toujours utilisé sur les tentes recherchant la légèreté.
  • 1500 mm, ça vous le savez déjà, cela fait référence à l’imperméabilité le fameux schmerber.
  • « Polyuréthane » ou pour les intimes PU est l’enduction de la paroi interne de la toile.
  • « DWR » est l’enduction déperlant de la paroi extérieur de la toile

Vous l’aurez compris, ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres, pour vous familiariser avec les caractéristiques d’une toile. Mais il existe beaucoup d’autres types d’enduction, revêtement et tissu. Cela nécessiterait un article à part entière, mais tout bon vendeur vous aidera à déchiffrer tout ce langage peu vulgarisé.

N’oubliez pas de vérifier l’imperméabilité du sol, celui-ci doit être au moins à 3000mm, si ce n’est pas le cas, vous pouvez palier ce souci en rajoutant un tapis de sol, en plus vous protégerez votre tente des frottements.

Le poids de votre tente

Personne ne cherche une tente lourde, néanmoins sachez qu’il n’y a pas de miracle plus la tente sera légère plus elle sera fragile et offrira un espace de vie intérieur réduit.

N’oubliez pas que faire la chasse au poids est une règle d’or en randonné, mais bien répartir ses charges aussi, il n’y a rien de moins efficient que d’accrocher sa tente à l’extérieur de son sac. Même si vous avez reçu avec votre tente un beau sac de rangement, il est parfois préférable de séparer les éléments afin de mieux les ranger dans votre sac ou de les partager avec vos camarades de marche.

Photo © Johan Lolos

La couleur

Cela peut vous paraître insignifiant mais la couleur d’une tente peut avoir de l’importance, même si les couleurs foncées ont leur succès pour pouvoir bivouaquer en toute discrétion, avoir une tente de couleur plus vive amène beaucoup de luminosité dans la tente même avec peu de lumière extérieure ce qui est assez agréable si vous restez coincé 3 jours dans votre tente pour cause de mauvais temps.

Dernier conseil

Testez votre tente avant de partir ! Monter sa tente pour la première fois après une longue journée de marche sous la pluie et à la lampe frontale n’est jamais une bonne idée… mais reste toujours une bonne histoire à raconter !

Mais surtout n’hésitez plus foncez !

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